Nouveau guide

Le cabinet ID-Tourism vient de lancer un nouveau guide pratique: “le tourisme : un outil de lutte contre la pauvreté efficient et durable ; focus sur les modes d’implémentation et de commercialisation des projets de tourisme solidaire et communautaire” A l’occasion de son lancement, nous vous en révélons quelques points clés.

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Le tourisme : une arme à double tranchant

Le tourisme représente 9% du PIB mondial et 1 emploi sur 11 en 2012. Cette primauté forge à première vue une image de l’industrie touristique extrêmement positive. Re-distributrice de richesse, source de croissance économique, créatrice d’emplois directs et indirects ; elle est en effet, un formidable outil de développement économique pour les territoires et en particulier pour les pays du Sud.   Pourtant, comme toujours les choses ne sont pas si simples.

En effet, une activité touristique mal gérée peut entraîner de graves déséquilibres sociaux et environnementaux. Pour ne citer que quelques exemples parmi ces nombreuses dérives, la Thaïlande connue comme destination les plus notoires du tourisme sexuel, ou encore la privatisation des ressources en eau dans les palmeraies tunisiennes.  L’eau est dans ce cas-là propulsée au rang de véritable business dont les prix dépendants des lois du marchés augmentent toujours plus au détriment des populations locales, qui à terme ne peuvent plus s’en procurer.

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En cela,  nous avons voulu mettre avant  de quelle manière l’activité touristique peut être le moteur du développement local dans les pays du Sud, tout en limitant ses externalités négatives (dérives économiques sociales et environnementales.)

Pour ce faire, il faut  planifier son projet de manière efficace, efficiente et participative. En effet, bien que le nombre de projets de tourisme solidaire dans les pays du Sud ne cessent de s’accroître,  on remarque bien souvent qu’ils sont  en grand décalage avec les attentes du touriste. De ce fait, beaucoup de projets en tourisme solidaire n’ont pas les effets de développement escomptés car déconnecté avec le marché.

Ainsi, il est important de se renseigner sur les différentes tendances qui marchent. Aujourd’hui, le slowtourism, le cyclotourisme, le tourisme fluvial, le digital detox, l’expérience… en bref tout ce qui permet aux touristes de revenir vers des valeurs essentielles ont le vent en poupe ! Il en revient donc aux professionnels de s’approprier ces tendances et de s’adapter pour un succès sur le long terme.

 

Quelle méthodologie faut-il donc adopter ?

Tout d’abord il faut savoir de quoi on parle, maîtriser les différentes notions liées au tourisme solidaire et au tourisme communautaire. Ensuite, faire en sorte d’activer une participation active  des populations locales dès le début du projet, est à la fois impératif et à la fois un gage d’un certain succès.

Cette participation, s’effectue de différentes manière au travers de la compréhension du territoire et la mise en place du diagnostic, mais surtout en expliquant aux populations et autorités locales, de façon argumentée, en quoi le projet apportera une réelle amélioration de leurs conditions de vie.

Car la vocation d’un projet réussi est bien de créer des bénéfices pour tout le monde !

Une fois la réflexion globale terminée, les populations locales seront amenées à devenir de véritables professionnels du tourisme, leurs savoirs faires seront ici de véritables atouts qui seront  mis en valeur grâce au projet. Pour ce faire, il faut donc sensibiliser,  mobiliser, former, professionnaliser, puis fédérer les acteurs locaux, afin de faire du projet touristique un levier de développement social et économique reconnu ;  et ayant un impact positif durable sur la communauté hôte.

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Que faut-il offrir aux visiteurs ?

Ce que recherche le visiteur aujourd’hui, c’est un retour à l’essentiel, aux vraies valeurs, il cherche également à s’impliquer, il ne faut donc pas hésiter à suivre les nouvelles tendances en évitant toutefois « le pathos ». En vacances on se détend, on rêve, tout en vivant une expérience qui nous marquera de façon positive et durable. Connaître sa clientèle parfaitement ainsi que ses besoins est donc une étape marketing capitale à l’adaptation du projet au marché global.

D’autre part, il ne faut en aucun cas occulter la partie commercialisation, souvent le point faible des projets de tourisme solidaire et communautaire dans les pays du Sud.

Pour bien vendre un produit il n’y pas de secret, il faut se faire connaître des spécialistes, et par-dessus tout être visible sur internet grâce à un site interactif et ayant du contenu.

En effet la mise place d’un site internet et d’un blog multiplie vous rend visible aux yeux des touristes,  car stimule votre référencement naturel sur les moteurs de recherche.

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Petit tour d’horizon des organisations qui fonctionnent :

EcoBenin est une organisation non gouvernementale béninoise née en 1999, membre de The International Ecotourism Society, Alter Voyages et Global Sustainable Tourism. Elle propose des prestations d’écotourisme communautaire au Bénin dont une partie du prix est reversée à des projets de développement. 13 circuits, 8 éco-villages  s’éparpillant sur l’intégralité du pays nous sont proposés. Parmi eux le circuit « Aventure Peulh » qui emporte le visiteur en plein cœur des traditions de cette ethnie. Traite des vaches, initiation au tissage, parcours équestre et nourriture locale sont au rendez-vous, pour une expérience touristique novatrice et ayant un vrai impact économique positif pour les  Peulhs.

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Aventuras Naturales Yorkin est une association costaricaine de 28 familles indigènes bribris, née en 1996. Le but premier de cette association est non seulement de permettre aux producteurs de bananes de vivre décemment mais également d’améliorer la vie quotidienne des bribris.

L’association propose aujourd’hui des circuits, excursions et ateliers avec toujours au cœur du voyage, la rencontre avec les peuples bribris.

Ainsi, Somos Bribris, est un séjour à la journée qui plonge le visiteur dans l’univers bribris grâce aux balades en pirogue, excursions guidées à travers les sentiers pour découvrir les plantations de bananes et de cacao organiques. Dans ce cas, les bribris gèrent eux-mêmes l’accueil des touristes ainsi que les prestations proposées,  et ça marche !

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Au Kirghizstan, en Asie Centrale, une initiative portée au départ en 2000 par l’agence de coopération suisse Helvetas, Kyrgyz Community Based Tourism Association (KCBTA) regroupe aujourd’hui une quinzaine d’organisations locales qui regroupent des habitants impliqués proposant divers prestations et circuits pour découvrir ce pays méconnu. Les touristes pourront ainsi réaliser un trek à cheval de 6 jours dans les alpages, dormir le soir sous la yourte et partager du temps avec les bergers tout en dégustant les spécialités locales. Au final, de nombreux habitants sont impliqués et plus 85% de l’argent dépensé par les touristes iront directement à la communauté.

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Tusoco est une association bolivienne dont le rôle est de promouvoir la culture locale et le patrimoine naturel grâce une dizaine de circuits touristiques mis en place par des communautés à travers le pays. Certaines de ces communautés étant assez enclavées, le rôle de Tusoco est ainsi de les soutenir en leur procurant des sources de revenus complémentaires.

Engagée et respectueuse des valeurs du tourisme responsable ; l’association est un membre de de RedTurs, le réseau latino-américain de tourisme solidaire.

Le fonctionnement de Tusoco est intéressant, l’association est en effet gérée par ses propres membres, les communautés sont ici les maîtres de leurs actions et communication.

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Comme ces exemples le prouvent, faire rêver le client tout en améliorant le quotidien des populations locales est chose possible !

Pour aller plus loin, retrouvez toujours plus d’idées et d’astuces dans notre nouveau guide «Le tourisme : un outil de lutte contre la pauvreté efficient et durable», disponible en téléchargement ici.

Célia TROCHON ID-Tourism (suivre sur Twitter)