Qu’est ce que le tourisme communautaire ?
Tout comme le tourisme solidaire ou équitable, le tourisme communautaire est un outil d’entreprise inclusif ou Inclusive Business qui permet de soutenir les populations les plus démunies.
Selon la définition de Nicole Haüsler doctorante membre du TIES (The International Ecotourism Society): « le Community-based Tourism (CBT) ou tourisme communautaire implique un nombre significatif d’individus vivant sur un territoire. Ces derniers contrôlent de manière substantielle son développement et sa gestion. La majorité des bénéfices est redistribuée à l’économie locale. Les membres de la communauté, y compris les individus impliqués de manière indirecte, y trouvent une forme d’intérêt (fonds pour la communauté, effet démultiplicateur, etc.). »
En cela, la différence notable avec le tourisme solidaire est que l’offre touristique est gérée par les populations locales. Les habitants sont, ici, de véritables prestataires touristiques collaborant avec les autres acteurs locaux. Les possibilités sont larges : hébergement, restauration, service de location, guidage, artisanat, etc. Leurs connaissances deviennent ici de vraies compétences professionnelles. Ce procédé permet aux populations locales de profiter au maximum des diverses retombées financières engendrées par l’activité touristique.
En cela, le « Community-based Tourism » fait du tourisme un véritable outil « d’autonomisation » (empowrement) des populations locales et de développement économique local.
Sur le terrain, cette responsabilisation des populations locales dans la gestion des sites touristiques se fait, d’une part, par le biais de formations professionnelles et d’autre part, via la mise en place d’associations villageoises incluant des acteurs institutionnels et privés depuis la base du projet jusqu’à sa gestion et son évaluation.
Pour exemple, en ce qui concerne le Bénin, l’ONG Eco-Bénin a mis en place 8 sites de tourisme communautaire à proximité des parcs naturels à travers l’ensemble du territoire béninois.
Dans ce cadre, les circuits, les hébergements et la restauration sont gérés entièrement au niveau local et sont managés par les membres de l’AVIGREF (Association Villageoise de Gestion des Réserves de Faunes) qui recueillent les bénéfices issus de l’activité touristique pour les redistribuer de manière équitable auprès de l’ensemble des parties prenantes locales.
D’autres initiatives se sont développées ces dernières années en Asie comme le programme Kyrgyz Community Based Tourism Association au Kirghizstan avec une vingtaine d’organisations communautaires à travers tout le pays proposant des séjours à la rencontre des habitants. De nombreuses organisations communautaires se sont également créées en Amérique Centrale par exemple au Mexique & au Guatemala présentées dans ce guide édité par l’ONG Echoway.
Toutefois, ce type de séjours ne représente encore aujourd’hui que moins de 1% du marché touristique mondial et a du mal à se rendre visible car possédant, bien souvent, très peu de moyens de communication et de promotion pour attirer les clients internationaux. Partant de ce postulat, l’équipe d’ID-Tourism travaille également sur ce crédo du tourisme communautaire en proposant des formations professionnelles pour renforcer la connaissance des acteurs locaux sur les métiers du tourisme et la gestion des sites touristiques.
Si cela vous intéresse, sachez que notre guide sur le tourisme solidaire et communautaire vous montre plus dans le détail les moyens pour construire ce type de projet dans les pays du Sud.
Benjamin Malaterre et Guillaume Cromer