Une opportunité pour les “PMA” et les “PED”

Dans la moitié des PEID, les revenus du tourisme représentent 40% de l’ensemble de leurs exportations de biens et de services et contribuent à hauteur de plus de 50% du PIB dans certains d’entre eux. Par exemple, grâce au secteur touristique, le Cap Vert et les Maldives ont récemment quitté la catégorie des Pays les Moins Avancés (PMA). Les recettes touristiques sont aussi une chance pour les communautés insulaires de vivre et peuvent permettre une meilleure protection et préservation des richesses naturelles, patrimoniales et culturelles de ces îles. Mais le revers de la médaille est aussi bien présent. En effet, prenons l’exemple des Maldives qui depuis deux ans appliquent une politique d’isolement des touristes et transforme l’île en ghettos de vacanciers comme le rappelle Jacques Maillot, fondateur de Nouvelles Frontières, lors d’une interview pour tourmag.com
Améliorer le développement économique tout en préservant l’environnement et les communautés, voici le défi de ces îles dans lesquelles les principes du tourisme durable sonnent comme une évidence.
Alors comment faire du tourisme durable un succès dans ces états insulaires tout en répondant aux nouveaux besoins des touristes ?

Ainsi, à l’approche de la Conférence des Nations Unies sur les Petits Etats Insulaires en Développement qui se tiendra en septembre 2014 à Apia (capitale de l’île Samoa), il nous paraît bénéfique de présenter les efforts fournis ainsi que les lacunes encore persistantes.

Implication des professionnels du tourisme

 « Le tourisme représente l’une des options les plus prometteuses pour assurer la croissance économique et le développement des petits États insulaires à condition d’être planifié et géré dans le respect des principes de durabilité », voici ce qu’a déclaré le Secrétaire Général de l’OMT, Taleb Rifai. Pour ce faire, les professionnels du tourisme se doivent d’agir en conséquence de cause. Pour illustrer nos propos, en voici un exemple. Le groupe hôtelier InterContinental s’est implanté en Polynésie française par le biais de 4 hôtels ayant reçu le prestigieux label « Earth Check Silver », certification internationale la plus reconnue en matière d’écotourisme et de développement durable.

C’est aussi dans cette lignée qu’InterContinental Polynésie a choisi de faire de son dernier-né le tout premier établissement au monde à être climatisé de manière totalement écologique, grâce à l’eau de mer glacée extraites des profondeurs océaniques. Le groupe s’engage également localement puisqu’il soutient depuis 2005 l’association Te Mana o Te Moana qui œuvre pour la protection et la préservation de l’environnement marin en Polynésie Française. C’est aussi depuis 2004, qu’InterContinental abrite un centre de réhabilitation des tortues marines. Des actions qui mettent en lumière la réelle implication des professionnels pour la sauvegarde des multiples richesses de ces bijoux insulaires.

Former les populations locales

La plupart des PEID souffrent d’un vrai manque de main d’œuvre formée, notamment dans les administrations nationales chargées de la mise en œuvre et du suivi des normes environnementales en matière de tourisme. Pour remédier à ces faiblesses, les PEID doivent mettre l’accent sur la formation à tous les niveaux. En exemple, sur l’île de Trinidad et Tobago, un projet de formation de la jeunesse locale à la profession de guide touristique a été mis en place en vue de prévenir le braconnage des grandes tortues de mer. De même, sur l’île Maurice est distribué le « Mauritian Code of Ethics for Tourism : For Mauritians » notamment à destination des populations locales qui porte sur les aspects sociaux et culturels du tourisme et prodigue des conseils quant aux relations à avoir avec les touristes.

L’innovation pour un tourisme durable

Pour devenir plus attractifs et miser sur une image de destination durable, les gouvernements et professionnels du tourisme doivent appuyer l’introduction et la diffusion de certaines technologies. Citons en guise d’exemple le groupe hôtelier Six Senses et son Hôtel Soneva Fushi qui a mis en place un système de refroidissement par eaux profondes : en pompant de l’eau froide, au large de l’atoll, cette dernière vient rafraîchir les structures avant d’être rejetée en pleine mer. Une alternative, pleine de bon sens, aux systèmes de climatisation. Il est aussi le premier établissement du groupe à participer à un programme visant à compenser les émissions de gaz à effet de serre.

Développer un tourisme durable dans les Petits Etats Insulaires en Développement semble être la voie à emprunter pour leur permettre de continuer à vivre. Dans ce contexte, il nous parait urgent de s’attaquer à la mise en place de politiques de développement durable et équitable du tourisme. L’adoption d’un cadre législatif efficace est une condition indispensable à la mise en œuvre d’un développement durable du tourisme. Dans ce sens, des initiatives ont été prises, puisque les 11 et 12 septembre 2013, une Conférence sur « Le développement durable du tourisme des îles » s’est tenue à Saint-Denis à la Réunion. Je vous invite à parcourir la Déclaration de la Réunion sur le Tourisme durable dans les îles ayant pour charge d’apporter un éclairage sur les résultats et recommandations issus de la Conférence. Ces recommandations ont-elles été appliquées ? Les réponses seront délivrées en septembre prochain.

Céline ROMERO ID-Tourism

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